APPARAT BAND / Gordon Shumway downtempo liveset

Samedi 21 avril →  20h - 22h30 / le central

24€ en prévente (hors frais de loc)
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Si vous avez prêté attention à la musique électronique au cours des cinq dernières années, vous avez forcément croisé la route d’Apparat sous une forme ou une autre. Sascha Ring, l’artiste de Berlin enregistrant sous ce nom, œuvre sans relâche dans l’électro depuis une décennie. Il en a profité pour sortir trois albums d’Apparat qui ont fait l’unanimité – le quatrième, The Devil’s Walk, débarque à l’automne 2011 – et s’est produit devant des milliers de spectateurs dans des clubs et des festivals du monde entier. Apparat inspire les passions : en seulement quelques semaines, le nouveau titre de Sascha, “Ash/Black Veil”, a été écouté 90 000 sur Soundcloud. Programmateur expert à l’allure de dandy et aux cheveux ébouriffés, Sascha produit une électronica aux textures et aux émotions riches et de la soul de science-fiction. Chaînon manquant entre Steve Reich et Radiohead, Apparat suscite le genre de mélancolie euphorique qui donne envie de pleurer et de sauter de joie à la fois. « Le seul objectif de mes disques est d’essayer de remuer les gens, de leur faire ressentir quelque chose, » explique Sascha.

 

Sur The Devil’s Walk, dont le titre fait allusion au poème satirique de 1812 signé Shelley, Sascha mûrit et augmente sa mise. Ayant sorti ses disques précédents sur le label électronique culte Shitkatapult, où il a travaillé pendant plusieurs années, celui-ci est son premier pour Mute. Et si le dernier, Walls, en 2007, laissait entendre qu’il s’éloignait de la chaleur du dancefloor, The Devil’s Walk, avec sa dream pop cool et contemplative aux textures fragiles à la Sigur Rós, le confirme.

 

Pour certains, Sascha est mieux connu comme membre de Moderat, le super groupe électro gonzo qu’il formait avec les électrons libres de Modeselektor. Leur amitié berlinoise a donné naissance en 2009 à un album bien accueilli, à juste titre, et, en mars cette année, Moderat a conclu une tournée mondiale turbulente au Bloc Weekend festival. Thom Yorke a adoré le disque et invité le groupe en première partie de Radiohead. D’autres se souviennent peut-être, en 2006, des synthés vertigineux d’Orchestra of Bubbles, collaboration de Sascha et de la productrice berlinoise, Ellen Allien.

 

Pour un amoureux de techno – adolescent dans une petite ville en Allemagne de l’Est, il a plongé, tête la première, dans la scène rave du milieu des années 1990 – l’instrument de prédilection de Sascha était l’ordinateur. « J’étais toujours en quête de sons électroniques intéressants, dit-il. Mais au moment où tout s’est retrouvé sur ordinateur, avec un plug-in pour chaque sonorité, je me suis dit que c’était fini, qu’il n’y aurait plus rien de nouveau à expérimenter. Et j’ai commencé à m’intéresser à la chanson, ce truc old-school. »

 

Sascha a appris à composer sur une gamme plus large de « vrais » instruments, ce qui explique en partie le côté traditionnel et la chaleur indéniable de The Devil’s Walk. « Il y a beaucoup de trucs électro sur ce disque, mais il n’est pas né comme ça. J’ai un piano et une guitare chez moi, dont je ne joue pas très bien. Parfois, les chansons apparaissent et j’en enregistre une version pourrie à la maison, puis je vais au studio et je me mets au travail sur un ordinateur. Dans le passé, quand j’utilisais de vrais instruments, je faisais l’inverse. »

 

S’il n’a pas envie d’expliquer de nouveaux morceaux comme “Song of Los”, “Black Water” ou “Escape”, il s’empresse de souligner que ces ballades épiques, qu’il chante lui-même, ne sont pas l’œuvre d’un tourmenté. « Il y a un thème, bien sûr, je ne me contente pas de répéter comme tout le monde : « C’est un disque très personnel ». Chaque chanson aborde une situation que j’ai vécue avec une personne en particulier. C’est de là que sont venues mes idées. Parfois, on passe un week-end dingue, on se réveille le lundi ou le mardi et on se souvient de quelque chose. Comme d’être assis dans une voiture avec quelqu’un et, pour une raison ou une autre, on pense à ça. »

 

Donc, ce disque parle de filles ? « Oui, évidemment, l’album ne parle que de filles. Ce n’est pas un thème si original que ça. »

 

“Goodbye” est un morceau que Sascha n’interprète pas lui-même. Anja Plaschg, la jeune musicienne autrichienne enregistrant sous le nom de Soap&Skin, et qu’il connaît depuis quatre ans, s’en charge. Il n’aimait pas sa propre version de la chanson et a eu l’idée de l’envoyer à Anja. « Le lendemain, elle me l’a renvoyée avec sa voix en me disant « Merci, merci ! J’avais vraiment besoin d’inspiration. » C’était un coup de chance intéressant. »

 

The Devil’s Walk a pris forme quand Sascha est parti au Mexique début 2010. Profitant d’une pause pendant la tournée de Moderat, il a passé deux mois à Sayulita, une ville de la côte ouest, avec ses collaborateurs réguliers, Joshua Eustis (de Telefon Tel Aviv) et Fredo Nogueira. « Normalement, j’ai besoin d’un studio standard, mais au Mexique, j’ai appris à travailler sur un ordinateur portable. Nous avons construit un petit studio pour la batterie et la guitare et, peut-être parce que je bossais sur des chansons, ça m’a semblé bien fonctionner. C’était une très bonne expérience. »

 

Bronzé et sûr de lui, il est rentré à Berlin, pensant que l’album était prêt. En l’écoutant, il s’est aperçu que ce n’est pas ce qu’il voulait. « Le disque était bien plus électronique que la version que vous entendez. J’ai décidé de le retravailler et ça m’a pris plus d’un an. »

 

Pour ne rien arranger, Sascha réalise, une fois chez lui, qu’il souffre d’une panne d’inspiration et pendant trois ou quatre mois, il se débat pour composer quelque chose de valable. « J’attendais que l’inspiration me visite. J’ai vécu une période déprimante. J’avais l’impression d’avoir utilisé toutes mes cartouches au Mexique. »

 

Lorsqu’on lui propose de faire un mix pour la série DJ Kicks de K7, il prend ça comme un coup de pouce. Pour ce projet, Sascha peut se montrer créatif et a une bonne excuse pour écumer Beatport en quête des derniers morceaux et engloutir les nouvelles productions de Joy Orbison et Ramadanman. Et, au milieu de titres de Burial, Thom Yorke et Pantha De Prince, se trouve “Sayulita”, un morceau d’Apparat retravaillé, issu d’une séance mexicaine. « C’était le premier mix que je faisais depuis mes 16 ans, dit-il, il résume l’épisode « club » de ma vie. »

 

Avec Skate, son copain DJ, Sascha s’embarque dans une tournée de 10 dates en Europe, se jurant d’achever le disque d’Apparat à son retour à Berlin. « J’avais 60 idées de chansons sur mon disque dur et réussi à en trouver six que je voulais employer pour l’album, donc je devais composer de nouveaux titres à la fin de l’an dernier. »

 

Aussi bien influencé par Cure, Roxy Music et Cocteau Twins que James Blake et Four Tet, Sascha enregistre The Devil’s Walk dans son studio de Berlin, proche de son appartement. Après son coup dur mexicain, il rencontre – et se sent vite inspiré par – Patrick “Nackt” Christensen, ex-membre du groupe électro-gothique Warren Suicide, qui devient son coproducteur. « Il joue de tous les instruments et a un vrai don pour ne pas faire aller à l’évidence. »

 

Certains morceaux, comme “Ash/Black Veil” et “Your House is My World”, ont vu le jour sur un ukulélé, puis Sascha et Nackt ont ajouté des couches et des couches sonores jusqu’à ce qu’ils s’écrivent d’eux-mêmes. « Il y a des moments rares où l’on va en studio, on commence à travailler sur quelque chose et instantanément, on entre en transe. On en émerge brutalement après des heures et on a quasiment terminé le travail. »

 

Ayant ajouté des guitares, de la batterie, des claviers et tout ce qui traîne dans le studio, Sascha passe à l’étape suivante en jouant ses nouvelles chansons (et d’autres plus anciennes) en live avec des musiciens. Apparat n’est plus un projet solo, mais un quatuor. « C’est difficile de transposer sur scène un album fait sur ordinateur et je suis content que Nackt soit avec moi, dans le groupe. Finalement, j’ai un nouveau projet. Avec un groupe, les choses sont différentes – je n’ai pas l’impression d’avoir fait un pas en arrière. »

 

Le titre de l’album n’est pas qu’une référence à la critique sociale de Shelley, qui, 200 ans plus tard, parle toujours à la sensibilité politique de Sascha ; The Devil’s Walk fait aussi allusion à l’été d’Apparat au Mexique où Sascha a découvert l’attitude du pays envers ses morts. « Les crânes et la mort ont un autre sens au Mexique. Les gens célèbrent les enterrements et j’ai trouvé cela intéressant. Je voulais utiliser ce thème pour le disque et sa pochette. »

 

Dans le passé, Sascha a eu une forte présence sur internet. Se considère-t-il comme un artiste politisé ? « Bien sûr, j’ai des opinions et je m’énerve quand je lis les journaux, mais j’essaye de tenir cela à distance. Je ne me vois pas écrire des paroles sur un thème politique. Je voulais glisser quelque chose sur la pochette de ce disque, mais pas de façon flagrante. »

 

Préfère-t-il s’exprimer sur Twitter ? « J’essaye de ne pas trop y aller, car souvent, on le regrette après coup. On a un coup de colère et on poste quelque chose instantanément, ce qui est bon et sincère, mais ça provoque toujours de grandes discussions. Et parfois, on n’a pas envie de débattre de tout. »

 

En tout cas, tout ce que vous voulez savoir sur Sascha Ring et Apparat se trouve sur ce disque…

 

http://www.apparat.net/

 

GORDON SHUMWAY : Éternel indécis entre nappes aérienne et techno made in Detroit, Gordon Shumway est un adepte du set progressif pour qui la musique n’a pas de limite de genre ou d’époque tant que l’ensemble reste cohérent. Profondément inspiré par les production de labels comme Border Community ou Traum, il n’en oublie pas les pères fondateurs de la techno allant même jusqu’à piocher dans les expérimentations électroniques des 70s.

Un éclectisme qui lui a permis de rejoindre le roaster du label InFiné, de devenir résident à la Machine du Moulin Rouge et de jouer aux cotés d’artistes tels que Plaid, Luke Vibert, Battles, Murcof, Shed, Gold Panda, Len Faki ou Machinedrum.

Pour l’occasion il nous proposera un live set downtempo inédit!

facebook.com/gordonshumwaypage

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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